Depuis le printemps 2018, Chine et États-Unis se rendent coup pour coup dans le conflit politico-économique qui les oppose. Les annonces portant sur l’élargissement de la gamme des produits surtaxés se multiplient côté américain en parallèle d’une médiatisation maximale de ces mesures. Côté Chinois, certaines dispositions sont plus discrètes comme l’arrêt des importations de pétrole et de lingots d’or venus des États-Unis.
Contre toute attente, les exportations chinoises à destination des États-Unis ont atteint 34 milliards de dollars en septembre contre 31 milliards lors du mois précédent. Même si cette hausse des exportations chinoises est générale avec + 14 % hors États-Unis, la bataille initiée par le président Trump pour lutter contre le déficit commercial semble mal engagée. À une baisse de plus de 8 % de la valeur du Yuan, la Chine a ajouté une baisse sensible des importations en provenance des États-Unis, ce qui ne peut qu’accentuer le déséquilibre commercial entre les deux pays.
Même le président américain semble d’ailleurs douter de l’efficacité de la hausse des taxes d’un point de vue purement économique. Lors du discours prononcé début octobre à la tribune des Nations Unies, Donald Trump a indiqué que les mesures prises à l’encontre de la Chine visaient avant tout à tempérer les ambitions de la Chine sur la scène politique et militaire et en particulier en mer méridionale.
Lire également notre article sur la guerre commerciale entre la chine et les Etats-Unis.
Fin septembre, Xie Chunlin, président de China Merchants Energy Shipping Co, a déclaré que les importations de pétrole américain avaient été totalement arrêtées. La contrepartie est assurée par les autres pays producteurs ayant conclu des contrats libellés en RMB et adossés à l’or. Ce système de remplacement a été initié il y a quelques années alors que peu d’experts voyaient l’intérêt d’une telle démarche.
Côté or physique, la barrière aux importations de lingots a également été abaissée, ce qui représente annuellement environ 115 tonnes. Ce volume était très majoritairement composé de lingots 12,5 kg.
Pour compenser cette perte, les raffineurs devraient progressivement se tourner vers des lingots de 400 onces destinés au marché londonien. La relative faiblesse de la marge sur ces produits ne devrait toutefois pas permettre d’effacer le manque à gagner, et ce pour deux raisons.
La première tient au fait que les États-Unis ne disposent que de quatre raffineries sur 24 agréés à produire des barres « Good Delivery ». Les autres sites n’en produisent plus ou d’une qualité inférieure.
La deuxième raison des difficultés que vont rencontrer les raffineurs américains est liée à la concurrence qui règne sur le marché de l’or de Londres. Parmi ces concurrents, c’est encore la Chine qui se présente comme un des plus agressifs.
La Chine dispose en effet de neuf raffineries agréées pour la production et la livraison de barres « Good Delivery ». Pas question bien sûr de brader sa production au travers d’une guerre des prix, celle-ci étant à présent une garantie pour les contrats d’approvisionnement en matières premières, dont le pétrole. La Chine pourrait par contre utiliser sa position pour orienter le marché en fonction de ses besoins et peser sur les livraisons de matières premières de certains pays tiers à destination des États-Unis et d’autres pays.
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